10 mars 2011

 

Date

Titre

Météo

dist, dén, diff

10/03/2011

Alpage du haut du Pré
Blockhaus des Têtes

Grand soleil

Km           :   10,7
dénivelée :   830 m
difficulté   :   difficile

 

Nous étions programmés pour une petite rando tranquille, sympa, avec un petit dénivelé, une distance raisonnable, mais l’état des routes en a décidé autrement.
La montée depuis Conflans, en voiture, est superbe avec la vue sur la face orientale des Bauges.
Mais peu après un pylône de télécommunications, un panneau annonce une viabilité hivernale incertaine. Effectivement, la route devient une patinoire, et nous sommes contraints de redescendre, en marche arrière, en virage, au bord du ravin, les roues parfois bloquées : galère ….
 Et changement de programme.
Un petit sentier que nous avions eu l’occasion d’emprunter à la descente s’offre à nous, mais cette fois … il monte, et bien. En guise d’échauffement, il y a plus calme.
Après avoir retrouvé notre route …. au noir (grrrrrrrrrrr) nous poursuivons la montée plus sereine, ce qui nous permet de profiter d’une vue magnifique sur la vallée de Tarentaise.
De virage en virage, nous parvenons au fort du Mont qui résonne de silence.
Après avoir quitté la route, nous descendons sur un chemin enneigé jusqu’à une maison d’habitation avant de remonter  par un tout petit sentier, un peu raide et un peu enneigé, voire un peu verglacé.
Mais la neige s’installe définitivement, avant d’arriver au col des cyclotouristes qui devait être notre point de départ.
Petite pause pour goûter la pâte de coings d’Edith, avant d’attaquer une montée assez tranquille jusqu’au blockhaus de Laitelet. Celui-ci, construit en 1877, était destiné à protéger le fort du Mont d’attaques venues du Beaufortain. C’est une forte bâtisse de 3 étages, équipée de meurtrières mais qui, aujourd’hui doit servir uniquement d’abri à des oiseaux ou rapaces, car la seule porte d’entrée a été murée et est gardée jour et nuit par un Horse Guard de sa Gracieuse Majesté.
Les troupes sont encore fraîches, aussi nous quittons la route forestière pour un sentier qui nous conduit plus vite à la cote 1448 (mais qui dit plus vite, dit …. plus raide).
La neige porte encore assez bien, heureusement, car les raquettes sont restées dans les voitures.
Nous continuons par la route forestière où la neige est seulement marquée de traces de skis et de raquettes, mais aussi de nombreuses empreintes des hôtes de ces bois…. et maintenant des nôtres.
Un petit raidillon, qui évite un lacet lointain, fait tirer bien des langues, à moins que cela soit la soif et la faim, car midi est sonné (assurément) depuis quelques temps. Mais heureusement, le blockhaus des Têtes apparaît au-dessus des nôtres.
Encore un petit effort (là, la neige se transforme et aurait tendance à s’affaisser brutalement sous la poussée pourtant légère de nos chaussures) et nous voici posés sur un tapis sec d’épines de pins, au soleil et à l’abri de l’air, pour un repas réparateur.
Là, point de délicatesse entre la fourchette et le couteau, les cuillères touillent rageusement les soupes qui vont devenir hors saison si le soleil persiste à briller (nous ne nous en plaindrons point).
La fin du repas se termine dans une féérie de cafés et de chocolats, à l’orange de Nicole et au caramel pour Jean-Pierre.
Malgré le bon chocolat suisse, Jeannine se refuse de nous faire une démonstration de ses bâtons neufs à 20€ la paire, avec poignée aérée, suspension,  dragonne réglable : le luxe.
Après s’être tâtés les mollets et les genoux, nous redescendons par le même chemin. Le petit raidillon qui tout à l’heure avait fait tirer tant de langues est descendu à grande vitesse : c’était donc bien la faim qui faisait tirer les dites langues.
Après quelques lacets empruntés à la montée, nous empruntons un petit  sentier guère raide mais parfois verglacé qui provoque deux belles glissades mais aussi un peu d’appréhension. Heureusement, les anges gardiens sont là qui veillent au grain.
Plus loin, une belle crampe immobilise Nicole : que ne ferait-elle pas pour avaler quelques granules, boire un breuvage dont quelques gouttes sur un sucre vous requinquent en un rien de temps.
On s’offre même pour lui faire un massage aux huiles essentielles sur la cuisse meurtrie, mais là : carré blanc.
Heureusement nous pouvons tous repartir sans être obligés de l’abandonner aux bêtes qui rôdent dans la forêt et attendent, la bave aux lèvres, pour dévorer les retardataires.
Le col des cyclotouristes est atteint enfin (c’était notre point d’arrivée prévue, logique puisque c’était notre point de départ…prévu).
Cette fois, nous redescendons par la route encore bien recouverte de neige, même si en certains endroits, le goudron fait son apparition.
De Zigs en Zags, nous arrivons au fort du Mont que nous dépassons au pas de charge (ou presque).
De sentiers en routes, nous retrouvons nos voitures.
Une fois débarrassés de nos harnachements, Ginette nous offre son excellent café habituel, mais aussi, grande nouveauté, un succulent gâteau aux pommes et au thym, spécial anti-cholestérol, mieux que Dan…..
Un couple qui s’était arrêté près de nos voitures profite également de cette douceur bonne pour la santé.
Puis nous redescendons dans la vallée en admirant, sous un autre angle, nos belles montagnes en se disant que nous avons bien de la chance d’habiter un si beau coin de France.

Au résultat, nous avons fait une rando difficile, avec une bonne distance, un bon dénivelé, de la neige, de la glace, du soleil, des glissades, des crampes…… mais nous l’avons fait, et cela : c’est fort.