27 janvier 2011

 

Date

Titre

Météo

dist, dén, diff

27/01/2011

Le Col de la Ruchère
(Chartreuse)

Beau soleil

Km           :    7,1
dénivelée :   575 m
difficulté   :   moyen

 

Tandis que certains essayent de ressembler à François Ier (comme cela, ils seront prêts pour la rando de jeudi prochain) ou enfilent des tenues monacales dignes d’un fromage, nous embarquons pour une randonnée dans le massif de la Chartreuse, cette fois avec le soleil.
La température est encore fraîche lorsque nous quittons le parking et attaquons la longue montée qui doit nous mener dans un premier temps au col de la Ruchère.
Une fois de plus, les raquettes sont restées dans le coffre, même si nous nous doutons bien que la neige ne sera pas totalement absente.
Tout au long de la montée, nous apercevons le Petit Som sur notre gauche, qui s’éveille doucement sous les premiers rayons du soleil.
Après une succession de plaques de neige et de sentier sec, la neige prend possession du terrain. Au milieu du sentier une trace de raquettes et de chaque côté de ce large chemin, de quoi mettre nos pas dans de vieilles traces ou dans la neige vierge qui crisse comme du sucre sous nos chaussures.
Après un passage délicat du à la chute d’un arbre en travers du chemin, il nous faut traverser une zone transformée en glace vive par la faute d’un ruisseau gelé.
Puis nous arrivons à l’imposant oratoire de Teste de Lavines qui se dresse sur ce chemin emprunté autrefois par les pèlerins se rendant au Monastère de la Grande Chartreuse.
Nous continuons dans leurs pas. La grange de Pré Gervet au bord d’une parcelle déboisé nous indique que le col n’est plus très loin.
Effectivement, nous débouchons sur ce large épaulement entre Aliénard et Petit Som dont la croix majestueuse se dresse au-dessus de nos têtes.
Au sud-est, le soleil découpe les crêtes du Grand Som dont la croix veille sur les disciples cénobites de St Bruno.
Au loin, Chamechaude dresse sa crête comme courbée par le vent.
Dans le grand alpage devant nous, la neige a pratiquement disparu, ne laissant çà et là que des petites taches de neige dont les cristaux brillent au soleil levant.
Après s’être émerveillés de ce spectacle grandiose, accompagné du chant d’un oiseau esseulé, nous plongeons plein sud. La boussole du cerveau a bien fonctionné car nous tombons exactement sur le chemin qui pénètre de nouveau en forêt.
Il faut se montrer prudent car des mares d’eau gelée occupent le chemin qui hésite entre neige et terre.
Sur notre droite, nous apercevons enfin, éclatante sous le soleil, la Chapelle St Bruno érigée sur un immense rocher.
Encore une petite descente et nous voici au pied de Notre Dame de Casalibus. C’est à cet endroit précis que s’installèrent les premiers moines de ce qui deviendra la Grande Chartreuse. Une avalanche détruira ce premier lieu de solitude et les moines s’installeront dans le lieu grandiose et mystérieux que nous connaissons aujourd’hui.
Nous grimpons jusqu’à la chapelle St Bruno qui est fermée puis nous prenons un très ancien chemin très raide. Les grosses pierres qui le soutiennent en certains endroits attestent qu’il fut tracé, il y a fort longtemps pour rejoindre le habert aujourd’hui ruiné que nous devons rejoindre.
Nous sortons de la forêt, accueillis par une grande mare de neige mais qui laisse bien vite sa place à l’herbe rase de l’alpage.
Les ruines du habert se rapprochent, majestueuses. Seuls subsistent les pignons en pierres de taille surdimensionnées ainsi que les encadrements de portes et fenêtres.
Au nord des bâtiments nous découvrons des colonnes bien taillées comme des colonnes antiques. Il s’agit sans doute là d’une étable construite avec des colonnes en surplus de la construction du monastère.
Une rude montée nous ramène au col où des petits monticules de terre sont autant de sièges individuels qui nous invitent à faire la pause repas.
On ne peut rêver mieux comme cadre de ce restaurant éphémère. Au dessert, nous apprécions les gâteaux de Josette et la tablette de chocolat au caramel de Jean Pierre qui n'a pas eu la chance de redescendre dans la vallée tant les gourmands ont appréciés.
Une sieste dans ce calme serait le nec plus ultra, mais il faut bien repartir et retrouver notre dure civilisation… et puis les MMS ne passent pas !!! Un petit vent se lève qui chasse nos derniers regrets.
La descente se fait par le même chemin que l’aller et il faut vraiment se montrer prudent à chaque instant, la glace étant une redoutable savonnette.
Mais c’est sans encombre que nous retrouvons notre aire de départ où nous apprécions le café et les gâteaux faits maison de Ginette.
En remontant vers le col du Granier, nous faisons une halte au bord du Cozon, là où il se faufile entre des rochers. C’est un spectacle merveilleux qui s’offre à nous, entre cascade puissante et stalactites qui étalent leurs bras, recouvrant d’une épaisse couche de glace le torrent sauvage.

Encore une très agréable sortie, dans la convivialité et sous le soleil, ce qui ne peut que rehausser notre bonheur.